Protection de la vie privée et intelligence artificielle sur le lieu de travail

L’intelligence artificielle fait désormais partie du quotidien des entreprises. Elle ne concerne pas uniquement les grands projets technologiques ou les systèmes complexes développés en interne : elle est souvent déjà intégrée aux outils utilisés chaque jour par les salariés, les collaborateurs et les différentes fonctions de l’entreprise.

Le point de départ ne consiste pas à se demander si l’IA doit être interdite, mais plutôt comment elle peut être adoptée, encadrée et utilisée de manière responsable.

 

Quels outils d’IA sont réellement utilisés?

Lorsqu’on entre dans une entreprise et que l’on demande quels outils d’intelligence artificielle sont utilisés, la première réponse est souvent incertaine : silence, hésitations, voire parfois un « nous n’en utilisons pas ».

Lorsqu’on approfondit la question, une réalité différente apparaît toutefois fréquemment : outils de traduction, agents conversationnels, assistants génératifs, applications intégrées aux logiciels de l’entreprise, services gratuits ou comptes professionnels. Il s’agit du phénomène dit de « l’IA fantôme » : des outils qui ne sont pas formellement adoptés par l’entreprise, mais qui sont utilisés de manière autonome par les travailleurs.

Dans le contexte professionnel, l’IA peut être utilisée pour sélectionner des candidats, gérer les présences, surveiller la productivité, soutenir les processus logistiques ou évaluer les performances.

Que doit faire une entreprise avant d’adopter des systèmes d’IA?

Une approche appropriée commence par plusieurs activités essentielles : recenser les outils utilisés, vérifier les fournisseurs, distinguer les outils publics ou gratuits des comptes professionnels, définir les rôles en matière de protection des données et les responsabilités contractuelles, et préciser quelles données peuvent être saisies et lesquelles ne doivent pas l’être.

L’entreprise doit également vérifier les paramètres du service, les conditions d’utilisation, les finalités du traitement, les mesures de sécurité, la localisation des données ainsi que l’éventuelle réutilisation des contenus téléchargés.

Les procédures, les politiques internes et les lignes directrices n’ont de valeur que si elles sont comprises, communiquées et appliquées. Lorsqu’un travailleur reçoit des instructions claires concernant l’utilisation des outils d’IA, l’entreprise réduit le risque de comportements non autorisés et renforce sa gouvernance. Dans les cas les plus sensibles, il convient également d’évaluer l’incidence sur les droits fondamentaux et, lorsque le traitement de des données à caractère personnel est susceptible d’engendrer des risques élevés, de coordonner ces analyses avec l’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD).

L’article 27 de l’AI Act prévoit, pour certains déployeurs de systèmes à haut risque, une évaluation de l’impact sur les droits fondamentaux, complémentaire à l’AIPD, les cas échéant.

Roberta De Giusti, Country Manager de Privacy Desk Suisse, a approfondi ces thèmes lors de l’événement Ticino Digital Day du 5 mai 2026.

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